→ CINÉMA

CEUX QUI TRAVAILLENT

La fragilité du col blanc

EN AVANT-PREMIÈRE LE 2 SEPTEMBRE 2018 PUIS À PARTIR DU 4 OCTOBRE

• RIFFRAFF



Neugasse 57-63
8005 Zürich
+41 (0)44 444 22 20
www.riffraff.ch

Avant-première: le 2 septembre à 14h

Au Riffraff en octovbre: horaires ici



ceux qui travaillent

 

 

 


UN FILM d'Antoine Russbach, 2018, CH/BELGIQUE, 100'

L'HISTOIRE
Homme d’action ayant gravi les échelons à la force du poignet, Frank consacre sa vie au travail. Quels que soient les lieux ou les circonstances, l’heure du jour ou de la nuit, accroché à son téléphone, il gère les cargos qu’il affrète pour de grandes compagnies. Alors qu’il doit faire face à une situation de crise, Frank prend une décision brutale et se fait licencier. Profondément ébranlé, trahi par un système auquel il a tout donné, il doit progressivement se remettre en question pour sauver le seul lien qui compte encore à ses yeux: celui qu’il a réussi à maintenir avec sa fille cadette, Mathilde. (Outside the box)

AVEC:
Olivier Gourmet
Adèle Bochatay
Delphine Bibet
Michel Voïta
Pauline Schneider
Isaline Prévost

CE QU'ON EN PENSE:
Un film qui m’a touchée au ventre! (VL)

Frank (excellent Olivier Gourmay) a cinq enfants. Avant de partir au travail, il réveille gentiment la maisonnée, aidé en cela par sa benjamine Mathilde qui prépare à chacun un chocolat. Il n’a pas fait d’études, il connaît juste les palettes et les camions mais, à force de trimer, il a obtenu un poste à responsabilité qui permet aux siens de vivre confortablement: il affrète des cargos qu’il n’a jamais vus. Un boulot apparemment propre derrière un bureau. Seulement voilà: constamment sous pression, il ne peut se permettre aucun retard dans la livraison des containers (il s’agit souvent de denrées périssables). Or, derrière les chiffres âprement négociés par téléphone, se profilent des êtres humains qui risquent de lui faire perdre beaucoup d’argent. C‘est pourquoi, quand le capitaine d’un navire lui annonce qu’il a un migrant à bord, Frank lui ordonne de s’en débarrasser au plus vite. Sa hiérarchie ne tarde pas à l’apprendre et il reçoit sa démission immédiate. Aux questions posées par la coach qu’il est allé trouver pour établir son profil psychologique, il répond du tac au tac. Non, il n’est pas extraverti, pas empathique, pas sentimental, pas imaginatif. Pour endosser la sale besogne, mieux vaut pas, de toute façon. L’humiliation de perdre son travail, la colère face à des enfants gâtés qui ne le comprennent pas, la désillusion face au concurrent qui ne cherche qu’à lui soutirer des renseignements, la honte vis-à-vis de sa femme qui le juge…Va-t-il commettre le pire? C’est compter sans Mathilde et sa journée d’éveil au travail des parents…Qui s’intéresse vraiment à la manière dont les bananes, les ordinateurs, les déodorants arrivent dans notre panier? Ce film parle de tout ce qu’on pourrait savoir et qu’on choisit d’ignorer pour pouvoir continuer à consommer sans mauvaise conscience. Peut-on continuer à porter plus longtemps des œillères, interroge le réalisateur qui réussit à ne jamais porter de jugement moral, trop conscient qu’il est, comme chacun de nous, d’être impliqué. Pourtant, cette violence à laquelle on a assisté spectateur, chacun de nous peut y être confronté un jour. VL 21.09.18