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du 23 au 31 mars, au Filmpodium, dans le cadre de la Semaine de la langue française et de la francophonie,
FILMS DE JEAN ROUCH: PÈRE FONDATEUR DE L'ANTHROPOLOGIE VISUELLE, DU CINÉMA ETHNOGRAPHIQUE...

Jean Rouch (1917-2004) aimait le Niger et plus généralement l'Afrique. Il y est arrivé un peu par hasard en 1946, fraîchement diplômé de l’École des Ponts et Chaussées de Paris. Et tourne son premier film en 1946, Au pays des mages noirs, suivi par Initiation à la danse des possédés, récompensé par Jean Cocteau au Festival du film maudit de Biarritz, en 1949. Alors qu'à sa sortie, il a été plutôt hué à Paris.... Il est fasciné par le surréalisme de Breton, la musique de Django Reinhardt, et a l'esprit ouvert... et le regard acéré...



Une introduction en français de Monsieur Jean-Pierre Touati le lundi 22 mars à 18h15 et une introduction en allemand le 30 à 18h15 par Majan Garlinski.


Ces films sont présentés dans le cadre de la semaine de la langue française et de la francophonie: www.slff.ch

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PROGRAMME:
22-03 à 18h15 / 25-03 à 20h45: CHRONIQUE D'UN ÉTÉ
1960: Sa pratique d’ethno-cinéaste, il l’appliqua aussi en France où il tourne au début des années 60, une société en pleine mutation. Il invite Michel Brault à Paris et y réalise l’un des premiers films tournés caméra à l’épaule et en son synchrone : Chronique d’un été (1960, avec le sociologue Edgar Morin. C’est à cette occasion, qu’il lancera l’appellation « cinéma-vérité ».

23.03 À 18H15: MADAME L'EAU
1993: À la recherche des solutions pour lutter contre la sécheresse au Niger, Lam, Damouré et Tallou partent en Hollande, le pays de l’eau et des moulins. Ils ramènent dans leurs bagages un ingénieur néerlandais et le moulin démontable dont il est l’inventeur. Les péripéties de l’installation de cet engin moderne fournissent à Jean Rouch une libre narration où sa poésie et son humour font merveille sans pour autant trahir le regard ethnographique.

24.03 à 20h45/27.03 à 15h: MOI UN NOIR
1958: Le réalisateur montre à l’écran le dur quotidien de trois jeunes Nigériens, en quête de travail à Treichville, au sud de la Côte d’Ivoire. Chaque matin, nos trois héros se rendent au port, dans l’espoir de se voir attribuer une « jobbine » pour la journée - et quelques maigres francs pour tout salaire. La question du travail migratoire en Afrique de l’Ouest revient souvent dans l’œuvre de Rouch.

26.03 et 28.03 à 18h15 : PETIT À PETIT
1994: Damouré, qui dirige à Ayorou, avec Lam et Illo, une société d’import-export appelée « Petit à Petit », décide de construire un building et part pour Paris afin d’y voir « comment on peut vivre dans des maisons à étages ». En ville, il découvre les curieuses manières de vivre et de penser de la tribu des Parisiens qu’il décrit dans des « Lettres persanes » envoyées régulièrement à ses compagnons jusqu’à ce que ceux-ci, le croyant devenu fou, envoie Lam sur ses traces. À Paris, Damouré et Lam achètent un cabriolet Bugatti et font la connaissance de Safi, d’Ariane et du « clochard » Philippe. Le groupe décide de repartir en Afrique, construire la nouvelle maison. Mais les deux femmes et Philippe ne parviennent pas à s’habituer à la nouvelle vie et s’en vont. Il ne reste alors plus aux trois amis qu’à se retirer dans une cabane sur les rives du fleuve et à méditer sur la « société moderne »...

30.03 à 15h: MAÎTRES FOUS
1954, première des Maîtres fous au Musée de l’homme, à Paris. Jean Rouch, de la cabine de projection, improvise un commentaire sur les images qui défilent à l’écran : on y voit un rite de possession haouka auquel s’adonnent des travailleurs migrants au Ghana. La projection se termine sous les huées, et tant l’anthropologue Marcel Griaule que les dignitaires africains rassemblés à cette occasion intiment le jeune documentariste de détruire le film. Jean Rouch, heureusement pour la postérité, ne suivra pas les conseils de son maître, et présentera son film l’année suivante au Festival de Venise, où il remporta le Grand prix. Dans Maîtres fous, Rouch tentait de rendre sensible dans toute son acuité et son urgence, l’aliénation coloniale, le problème de la migration des travailleurs, la réappropriation rituelle d’une violence quotidienne. L’ethnographe ne filme pas seulement le passé, mais aussi le présent, et parfois l’avenir (le Ghana sera l’une des premières colonies africaines à déclarer son indépendance).

(Ces informations proviennent souvent de la rétrospective consacrée à Jean Rouch à la cinémathèque canadienne.)
FILMPODIUM 
Nüschelerstrasse 11, 8001 Zurich
Infos 044 211 66 66
http://www.filmpodium.ch