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| par Sandrine Charlot Zinsli |
| un film a été présenté en avant-première le vendredi 17, il est présenté au Riffraff dès le 23 août à Zurich, |
| FILM : LA VRAIE VIE EST AILLEURS |
Les anges existent. Après avoir vu le premier long métrage de Frédéric Choffat, on en est persuadé. Même que c’est sans doute à eux d’ailleurs que le jeune réalisateur genevois dédie cette belle histoire qui emprunte à Arthur Rimbaud un peu plus que son titre «la vraie vie est ailleurs». Dans ce film réalisé avec des moyens limités et un nombre d’acteurs restreint (3x2 en gros), il y a de l’intensité, une pointe de romantisme un brin démodé qui n'est pas pour nous déplaire et, surtout, surtout, comme la conviction que parfois dans les moments difficiles, il suffit de peu de chose pour que la vie prenne une direction plutôt qu'une autre. Une rencontre fortuite peut alors en effet suffire à débloquer une situation, sauver un projet, faire réflèchir sur le sens de la vie ou tout simplement faire passer une nuit INOUBLIABLE.
Trois personnes prennent le train en gare de Genève. Leur destination ne sont pas les mêmes, leurs objectifs de voyage non plus. Mais toutes sont seules et à un moment crucial de leur existence. L’une se rend à Marseille pour la présentation de son projet de recherche, l’issue de la réunion conditionne le financement à long terme de ses travaux et leur poursuite. Elle est seule avec ses dossiers. Son portable. Et son angoisse. Elle vient en aide au voyageur qui lui fait face et qui n’a pas de billet mais finalement c’est elle qui sera redevable à cet inconnu pour la nuit passée en sa compagnie.
Le second personnage part pour Berlin retrouver sa compagne qui vient d’accoucher plus tôt que prévu de leur fils. Dans son excitation, il se trompe de train, se retrouve à Dortmund à devoir attendre la correspondance du lendemain matin. Au cours de cette halte forcée, il rencontre une sorte de sirène aux longues jambes élastiques. Et comme il n’est accroché à aucun mât, il écoute ses chants retransmis comme par magie dans une gare déserte par les hauts-parleurs de service. Fasciné par cette mélopée tchéque, il ne résiste pas mais se délecte avec fougue de cette inoubliable rencontre.
Enfin la troisième voyageuse est à la croisée des chemins entre ses deux patries, une patrie rêvée – l’Italie, quittée par ses parents il y a des décennies et peut-être un peu trop idéalisée, et le pays de son enfance – la Suisse, un peu maltraitée par sa vision de seconda qui manque sans doute de la distance nécessaire à un jugement différencié. Assez amère face à un pays qui n’a pas toujours été tendre avec ses parents immigrés, elle rencontre un chef de cabine-contrôleur aussi attachant qu’agaçant mais qui pointe avec bon sens des éléments qui sonnent souvent juste.
Les trois histoires se déroulent parallèlement - et vous l'avez appris en géométrie, les parallèles ont la particularité de ne jamais se croiser même si elles suivent la même direction.... Les personnages ne se rencontrent donc pas et pourtant leurs histoires suivent un rythme identique et après un début peut-être un peu lent – le tempo s’accélère et on est désolés que le jour se lève, que le train arrive dans la baie de Naples, que la sirène ait cessé de chanter... que le film s’achève.
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Avec 6 très bons acteurs :
Antonella Vitali
Roberto Molo
Jasna Kohoutova
Dorian Rossel
Sandra Amodio
Vincent Bonillo
Film suisse. 2006. 84 minutes
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