 |


 |
 |
| par Valérie Lobsiger |
| Duo entre le « moi » agissant et le « moi » pensant empêtrés dans la complexité des sentiments |
| BIBLIOTHEC'ART(51): FRIDA, DE MÉLANIE CHAPPUIS |
LA PASSION DECORTIQUEE
Roman
Mélanie Chappuis
Frida
Bernard Campiche Editeur, avril 2008, 118 p.
Un trop plein de sentiments. Un miroir non condescendant (le livre) qui les recueille. Une femme, la narratrice, qui aime dans la souffrance ou la révolte plutôt que dans l’indifférence, l’agacement ou l’habitude. «Je», «tu», «nous , l’auteur brouille les pistes pour tenter de donner une image conforme à ce que les hommes attendent d’elle. Une belle image.
Lentement, tout s’éclaire. La passion d’un homme qu’on n’aime pas («le mari»), la passion pour un homme qui ne vous aime pas («l’amant»), le désir passager pour un homme avec lequel on partage l’absence de passion («l’ami amoureux») et enfin, le meilleur pour la fin, la passion partagée, avec ses moments d’exaltation, de dépendance, de folie, de crainte de tout perdre, de tendresse et de haine.
La narratrice analyse sur le vif chacun de ses sentiments. Aucun écran n’est interposé entre elle et le lecteur. En apparence, elle lui livre la primeur de ses pensées, sans filtre. Mais, dans le même temps, son style témoigne d’une grande mise à distance. Une certaine pudeur, soutenue par l’absence de tout recours à des noms propres ou à des adjectifs possessifs, est ainsi révélée. En ce paradoxe somptueusement maîtrisé réside tout son talent. Il consiste à démonter les mécanismes de la passion…pour mieux tomber dedans.
-----------------------------------------------------------------
Les 50 chroniques précédentes de Bibliothéc'art :
- Une pièce montée, de Blandine Lecaillet
- L’élégance du hérisson, de Muriel Barbéry
- Eve de ses décombres, d’Ananda Devi
- Rue Katalin, de Magda Szabo
- L’ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon,
- Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup
- Shrapnels, d’Elisabeth Horem
- Lignes de faille, de Nancy Huston
- Les cerfs-volants de Kaboul, de Khaled Hosseini
- La vie d’une autre, de Frédérique Deghelt
- Fragilité, de Jean-Claude Carrière
- Sa petite chérie, de Colombe Schneck
- Un roman russe, d’Emmanuel Carrère
- La fille au balcon, d’Anne-Lise Thurler
- Le dernier amour du président, d’Andreï Kourkov
- Kamikaze Mozart, de Daniel du Roulet
- Nuit ouverte, de Clémence Boulouque
- De chair et d’âme, de Boris Cyrulnik
- Je m’appelle François, de Charles Dantzig
- A l’abri de rien, d’Olivier Adam
- Les mystères de Sainte Freya, d’Armel Job
- Fais voir tes jambes, Leïla ! de Rachid El-Daïf
- Semper Augustus, d'Olivier Bleys
- La fille des Louganis, de Metin Arditi,
- Globalia, de Jean-Christophe Rufin
- Mangez-moi, d’Agnès Desarthe
- Bel de nuit, Gerald Nanty, d’Elisabeth Quin
- Itinéraire d’enfance, de Duong Thu Huong
- La fille sans qualité, de Juli Zeh
- Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen, d’Arto Paasilinna
- L’Histoire de Pi, de Yann Martel
- Baisers de cinéma, d’Eric Fottorino
- 84, Charing Cross Road, d’Helene Hanff
- Helena Vannek, d’Armel Job
- Un enfant de l’amour, de Doris Lessing
- Une vie, de Simone Veil
- Dans la nuit mozambique, de Laurent Gaudé
- Zoli, de Colum Mc Cann
- Avec un grain de sel, de Benoîte Crevoisier
- Mille Soleils Splendides, de Khaled Hosseini
- Mariée de force, de Leïla
- Chagrin d’école, de Daniel Pennac
- Pardon mère, de Jacques Chessex
- La Ballade d’Iza, de Magda Szabo
- Quelque chose à cacher, de Dominique Barbéris
- Faire l’Amour, de Jean-Philippe Toussaint
- Passeport à l’iranienne, de Nahal Tajadod
- Funérailles célestes, de Xinran
- Fuir, de Jean-Philippe Toussaint.
**********************************************
|
 |
 |
|
|
|