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| par Valérie Lobsiger |
| Surmonter ses angoisses et partir à la rencontre de l’inconnu |
NORD, UN FILM DE RUNE DENSTAD LANGLO (NORVÈGE 2009, 78 MN) A PARTIR DU 7 JANVIER EN SUISSE ALÉMANIQUE.
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COMPLÈTEMENT DÉPAYSANT, Nord emporte le spectateur dans une traversée de la Norvège sur plus de 1100 km, pratiquement jusqu’au pôle Nord. Où la nature hostile (bourrasques de neige ou soleil dardant, franchissement de massifs montagneux) rend les conditions de vie très difficiles et les rencontres entre êtres humains plutôt exceptionnelles. On va alors droit au but sans se soucier de formules de politesse et dans une grande économie de paroles. Généralement la 1ère ou la 2e question est : «t’as de la gnôle ?», tant celle-ci joue un grand rôle au quotidien pour se réchauffer les boyaux, se donner du courage pour affronter les éléments ou simplement, oublier sa solitude. La rareté de l’homme faisant son prix, confiance et solidarité sont la règle tacite, même face à un inconnu. Un film qui met de bonne humeur grâce à l’originalité de son humour et l’incroyable optimisme qui s’en dégage.
DANS LA VIE, C’EST LE PREMIER PAS QUI COMPTE, même quand tout semble être perdu. Jomar Henriksen (Anders Baasmo Christiansen, comédien ayant gagné de nombreuses récompenses dans son pays), la trentaine, est un skieur de compétition qui, ayant eu un accident, souffre de dépression. Il est désormais employé comme gardien de remonte-pentes dans un domaine skiable où il est sensé vendre des forfaits et surveiller les perches. Ce qu’il fait très mal, occupé qu’il est à dormir, boire ou regarder des reportages sur des incendies à la télévision. Un jour, un ancien ami qui lui avait pris Lionna, sa compagne, lui annonce qu’il a un fils de 4 ans dans le grand Nord où cette femme vit désormais. Après avoir par inadvertance mis le feu à sa cahute (tant il est vrai que parfois, on cherche à se motiver en ne se donnant plus le choix), Jomar part sur sa moto-neige, avec pour seul équipement un bidon d’essence et un autre de gnôle («sprit» en Norvégien !).
LA FIN IMPORTE MOINS QUE LE CHEMIN. Dès qu’on accomplit un pas, tout change autour de soi. En route Jomar rencontre une adolescente qui vit seule avec sa grand-mère au milieu de nulle part et se prend d’une amitié forcenée pour lui, un fils à papa qui lui dévoile une originale méthode pour se soûler à moindre frais (hilarante scène des deux gars se scotchant des tampax humidifiés d’alcool sur le crâne) et arrive à force d’absurdités à lui arracher un sourire. Ce jeune excentrique va même lui faire rechausser des skis pour poursuivre son voyage. Puis Jomar tombe sur des panzers en plein exercice militaire qui auront la bonté de ne pas tirer sur lui. Enfin, scène touchante, un vieil homme dans un tipi, dont le pied est enchaîné à sa moto, lui offre hospitalité et carte de bonus pour les supermarchés. «Il est toujours temps de rattraper ses erreurs» lui confie le vieillard avant de disparaître dans une scène confinant au surréalisme. Ces rencontres imprévues auront toutes apporté quelque chose de précieux à Jomar et il y aura puisé la force d’aller plus loin vers ce qui compte vraiment pour lui.
LE JEUNE RÉALISATEUR RUNE DENSTAD LANGLO, QUI A JUSQU'A PRÉSENT RÉALISÉ DES DOCUMENTAIRES, signe avec Nord un premier film original et fort montrant, sans pathos, les côtés absurdes et drôles de la vie. A noter qu'à part Christiansen, tous les autres comédiens sont des amateurs que le réalisateur a trouvé la plupart du temps sur place. Le film y gagne encore en fraîcheur, c'est le cas de le dire!
16.12.09
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Dès le 7 janvier au Riffraff à Zurich et au Loge à Winterthur... |
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