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| par France de Scudéry |
| Les dames du lac (4) |
| L'AUTOSATISFAITE |
Quelle bonne assise
Appuyée sur mes bras tendus
Et quel confort pour exhiber
Mes seins d’obus obtus
Dont la fermeté défie les années
Et les intempéries
Vous demandez vous à quoi je pense
Mais je ne pense pas Moi
Rodin me pardonne
Les tourments de son Penseur renfrogné
Me sont épargnés
DONC JE SUIS
Depuis des générations
Mon large giron
Généreusement accueille
Les enfants de tout âge
Leurs jeux inlassables
Ravive ma patine
Irrégulière
Comme celle des saints
Dont le bronze
Sourd aux prières
S’illumine
Sous la pieuse caresse des pèlerins
Les enfants n'ont pas de prières
Et ma nudité imposante ne leur en impose guère
Je ne suis pour eux qu’un vaste corps de mère
Enfin livré sans tabous à leur irrespect sacrilège
Parfois aussi un admirateur
Dépose une modeste fleur
Sans doute volée
A mes pieds indifférents
Me rendant ainsi un peu de ma féminité
Oubliée |
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