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FETHI BENSLAMA

Pourquoi les jeunes optent-ils pour le Jihad?

MARDI 5 DÉCEMBRE 2017, À 20H

• THEATER NEUMARKT



Theater Neumarkt
Neumarkt 5
8001 Zurich
www.theaterneumarkt.ch

Billets: 25 francs, Réservations: ici

Discussion en français avec traduction en allemand/Das Gespräch findet auf Französisch mit deutscher Übersetzung statt.


fethi

Ici un très bon article des Inrocks sur le sujet.
Et une interview dans Die Zeit
Son intervention sur France-Inter

 

 


Le psychanaliste français Fethi Benslama est invité par Jakob Augsteins en décembre au Theater Neumarkt. Le thème: Pourquoi les jeunes choissent-ils de rejoindre ou d'adhérer au Jihadisme?

LES INTERVENANTS
Fethi Benslama est psychanalyste, professeur de psychopathologie et doyen de l'UFR d'Études psychanalytiques à l'université Paris-Diderot. Jakob Augstein est journaliste pour le Spiegel, Der Freitag etc. Il assure la modération d'une série de débats au Neumarkt depuis le printemps, et invite des personnalités du monde culturel, politique...

Benslamas These: «Die winzige Minderheit der Jugendlichen, die sich radikalisiert, wertet sich im Gefühl der eigenen Nichtigkeit durch die Ideale des Islamismus auf: miteinander einen gemeinsamen Körper zu bilden, in dem das eigene Leid verschwindet.»

«Je pars du fait que les deux tiers des personnes signalées comme radicalisées ont entre 15 et 25 ans, et dans certains cas moins de 15 ans. Il s’agit de la tranche d’âge de l’adolescence telle qu’elle est devenue à l’époque contemporaine: elle commence de plus en plus tôt et se prolonge de plus en plus tard dans la vingtaine. C’est le temps d’une traversée subjective qui se caractérise par des difficultés normales plus ou moins importantes, et parfois par des troubles psychopathologiques. J’ai essayé de montrer comment l’offre de radicalisation, qui passe par internet et les réseaux sociaux, utilise les difficultés et les troubles de cette traversée pour capter les jeunes. J’ai travaillé pendant quinze ans dans un service public en Seine-Saint-Denis; ces jeunes je les ai rencontrés et j’ai vu certains d’entre eux dans des états dépressifs et dépréciatifs d’eux-mêmes, dans une errance, dans un désespoir de leur monde. Lorsqu’ils rencontrent l’offre de radicalisation qui leur propose un idéal total, une mission héroïque au service d’une cause sacrée, ils décollent, ils ont l’impression de devenir puissants, leurs failles sont colmatées, ils sont prêts à monter au ciel. La radicalisation est en quelque sorte un traitement de leurs symptômes, d’autant plus opérant que la fanatisation, les transforme en automates religieux, ils perdent leur singularité. Lorsqu’ils sont enrôlés dans un groupe, là le piège de l’emprise se ferme sur eux, ce n’est pas seulement un processus de soumission, mais de dilatation des limites de l’individu, il se crée un corps collectif qui favorise la mégalomanie de chacun, les suicidaires peuvent alors s’auto sacrifier.» Lire la suite dans les Inrocks

A lire:
Fethi Benslama, «Un furieux désir de sacrifice, le surmusulman», éditions du Seuil, 2016, 148 pages.
«Le jihadisme des femmes», septembre 2017.