→ CHANSON/MUSIQUE

ZÉPHYR COMBO FAIT DANSER LE VENT

zephyr

 

 


ET DEVIENT UN PEU PLUS IRRÉVÉRENCIEUX

Text: Sandrine Charlot


Vendredi 11 mars, 21h
Helsinki Klub
Geroldstrasse 35
8005 Zürich
http://helsinkiklub.ch/

Entrée 18/23fr.

Musiciens: Rolf Caflish, Simon Zürrer, Geert Dedapper, Esther Nydegger

Après : DJ Rock Gitano
En savoir plus:
www.zephyrcombo.ch


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SC: C'est votre troisième programme, c'est bien cela? En quoi ce programme diffère-t-il des précédents?

GD: Le premier programme, «Comme Dieu en France», était pour moi une espèce de retour aux sources, aux classiques de la chanson et au folk français. Le deuxième, «Face à l’orage», était voué à la danse. Même si on pouvait bien l’écouter confortablement assis dans son fauteuil, l’idée était de créer des chansons et des morceaux qui collaient à des danses traditionnelles en vogue dans les milieux bals folk. Avec le troisième programme, Zéphyr Combo a  cherché un son plus personnel, avec essentiellement des chansons à nous. On garde notre lien avec la musique gitane et celte, mais du reste on a laissé libre cours à nos fantaisies et on ne s’oriente pas spécifiquement vers un public folk.  Cependant, tous comme pour les autres programmes, on aspire à un répertoire qui fonctionne à tous les niveaux: chaque chanson doit être dansable, musicalement intéressante, énergique et avoir quelque chose à dire.

SCZ: Comment sont nés ces nouveaux textes? De colères, d'admirations?

GD: Les chansons pour nous, c’est de la communication, cela peut donc partir dans tous les sens. On s’irrite, on fait des blagues, on admire, on parle d’amour, on trinque, on médite, on joue. On peut dire que certains textes sont devenus un peu plus irrévérencieux, comme «la Tondeuse», qui met en scène une jardinière névrosée à l’image de certains paranoïaques racistes, «Prosper, le ver solitaire», sûrement un règlement de comptes avec un type de personnalité que je déteste, ou encore «automatique», voué aux jeunes snobs de Zurich. Mais il y a aussi l’inspiration plus poétique du vent et des voyages, des échos de vieilles légendes, des chansons marines, des morceaux gitans. Et noblesse oblige: il y a une reprise du «Plat Pays» en flamand, ma première langue.

SCZ: La musique est très riche en influences variées. Comment travaillez-vous les rythmes, les arrangements? Quels sont les musiciens dont vous vous sentez proches?

GD: Souvent, le rythme et le refrain apparaissent simultanément au moment de la première inspiration. Et à ce moment-là tout peut arriver, c’est une chose que je ne planifie pas. Pour l’élaboration et les arrangements, j’analyse parfois consciemment les groupes que j’admire, et tous les membres du groupe apportent des idées. Pendant le développement de ce programme, j’ai écouté souvent Babylon Circus, As de Trèfle, Ar Re Youank, Stromae et Karimouche. Et Brel, de temps en temps, même si je le connais par cœur, juste pour me rappeler qu’on ne peut jamais être assez intense. En plus, depuis toujours, Dick Annegarn reste une de mes références, cet amoureux de la parole libre et musicale à laquelle se joint la virtuosité instrumentale. Ce n’est peut-être pas par hasard que je partage avec lui la langue maternelle, le néerlandais, et cette approche forcément un peu exotique de notre langue d’expression, cette admiration constante devant cette langue étrangère, dont la beauté et les possibilités créatives nous sautent peut-être plus aux yeux que pour les francophones de naissance. Mais il y aussi des influences plus inattendues. Sans vouloir comparer la qualité musicale de ce que je fais, je reconnais par exemple en Ravel cette tension entre le goût pour des harmonies inattendues et la recherche de mélodies transparentes.

SCZ: Votre quatuor s'est enrichi d'une toute petite voix, celle de votre petite fille. Aime-t-elle que ses parents soient sur scène?

GD: Oui, si elle n’a pas faim, elle commence toujours à sourire quand elle entend notre répertoire. L’unique chose qui demande des nerfs, c’est sa découverte récente des aigus, dont elle use volontiers quand elle veut nous accompagner en chantant. Heureusement elle s’est retenue lors de cette soirée catastrophique où notre babysitter s’était trompé de train et qu’Esther devait la porter sur le dos durant le concert. Elle avait l’air de s’amuser, ce qui était un peu moins le cas pour  nous…