Tant mieux
Un roman d'Amélie Nothomb
La version joyeuse du sang-froid!
«Elle aimait scandaleusement sa vie. Peu lui importait que sa mère soit folle, son père étrange et ses sœurs fragiles.»
Amélie Nothomb aime les intrigues simples et les récurrences autobiographiques. Son style épuré frôle parfois la facilité. Mais l’autodérision exerce un vrai pouvoir de séduction et tous les personnages interpellent nos émotions. Sans oublier le goût des paradoxes farfelus et combien accrocheurs. Amélie Nothomb ne ressemble à personne et ses histoires à aucune autre. «Tant mieux» est le troisième volet d'un triptyque affectif. Après avoir consacré «Premier sang» et «Psychopompe» à la figure paternelle, l’auteure dédie ce récit à sa mère, Adrienne, récemment disparue. Une nouvelle étape de dévoilement intime, tout en retenue et en poésie.
UN SYSTÈME DE RÉSISTANCE
«Tant mieux» reprend la célèbre recette de l’auteure pour résister aux épreuves: prétendre que tout va bien face aux pires situations (d’où le titre), ignorer la souffrance, nier les humiliations. Résultat: les tortionnaires se lassent. Et la voilà tranquille. Aussi longtemps qu’on a la force de l’appliquer, ce système s'avère efficace. Il permet de tenir tête à la cruauté gratuite et aux tortures imposées par les attitudes démesurées.
GALERIE DES PORTRAITS FAMILIAUX
Cette fois-ci, défileront deux grand-mères – la sadique et la généreuse, une génitrice égocentrique et mondaine à souhait, une grande sœur traumatisée par le manque d’amour et la mère d’Amélie Nothomb. Notons que la romancière lui ressemble beaucoup. Au risque de choquer, les deux femmes savent imposenr leur style libertaire iconoclaste.
UN HUMOUR CHEVILLÉ AU CORPS
L’héroïne refuse le sérieux par principe. Elle adore la cocasserie et l’utilise comme bouclier antidouleur. Mais elle cesse de rire pour réfléchir à bon escient. Dans son univers, la réalité se heurte à l’improbable et certaines vérités se transforment en évidences. Il est bon de les rappeler. Elles rassurent.
Publié le 2 septembre 2026